Un panel de trois juges fédéraux a rendu la semaine dernière un avis cinglant ordonnant à l’État de l’Alabama de se conformer à la loi sur les droits de vote. Il s'agit du dernier développement d'une saga dans laquelle l'État a bafoué à plusieurs reprises les exigences de la loi sur le droit de vote et les décisions des tribunaux fédéraux, y compris la Cour suprême.
Malgré les remontrances des juges, l’Alabama n’a pas reculé. En fait, il a redoublé d’efforts, déposant immédiatement un avis d’appel et demandant d’abord au tribunal inférieur, puis à la Cour suprême, de suspendre la décision à son encontre (afin de préserver la possibilité d’utiliser la carte du corps législatif de l’État).
L’appel de l’Alabama place la Cour suprême devant un test approfondi. L’affaire peut sembler impliquer une série de questions techniques concernant la carte législative d’un État. Mais il s’agit plus fondamentalement de savoir si la Cour suprême doit encore être considérée comme étant en quelque sorte extérieure à la politique. Face à une crise de confiance du public, la Cour devrait profiter de l’occasion pour regagner une partie de sa légitimité en déclin rapide en envoyant un message clair selon lequel même ses compagnons de voyage idéologiques n’ont rien à craindre du respect de ses décisions.
La conduite de l’Alabama dans cette affaire révèle également à quel point la discrimination à l’égard des électeurs noirs reste un problème grave – et donc à quel point la loi sur les droits de vote est vitale aujourd’hui. La réponse de la Cour suprême aura donc des implications au-delà des limites de cette affaire – et elle sera mesurée en fonction de ce qu’elle révèle à la fois sur la légitimité de la Cour et sur l’avenir de la loi sur le droit d...
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